Balade urbaine participative à Jumilhac

Dans le cadre d’une étude stratégique de bourg pour la commune de Jumilhac, le CAUE a proposé aux élus et aux habitants une balade participative architecturale et paysagère. Le 23 janvier 2023, une vingtaine d’habitants (élus, riverains, travailleurs et retraités), a parcouru le bourg sur 6 haltes stratégiques afin d’échanger sur l’architecture, le paysage et les spécificités du bourg, mais aussi sur les constructions contemporaines, les équipements, les déplacements, les espaces publics, le tourisme ....

Circuit du parcours et des haltes

Les caractéristiques de Jumilhac

La commune localisée au Nord-Ouest du département de la Dordogne, fait partie de la Communauté de communes du Périgord-Limousin. Limitrophe du département de la Haute-Vienne (87), elle se situe à la frange Sud du Parc Naturel Périgord-Limousin. Jumilhac-Le-Grand est la septième commune la plus étendue de Dordogne avec ses 6 700 hectares et se compose d’un bourg conséquent regroupant services et équipements ainsi que d’une multitude de hameaux éparpillés sur l’ensemble du territoire.
Le bourg en retrait des axes majeurs demeure pourtant à proximité de villes avec services, équipements et gares. En voiture, Saint-Yrieix-La-Perche est accessible en 15 minutes (connexion train pour Paris et Toulouse via Limoges), et Thiviers en 20 min (connexion train pour Paris via Limoges, ou Bordeaux via Périgueux).
La commune de Jumilhac-Le-Grand est en Dordogne mais fait partie du bassin de vie de la ville de Saint-Yrieix-La-Perche (Haute-Vienne 7000 habitants). En réalité, Jumilhac est plus largement sous influence des deux grandes agglomérations de Périgueux et de Limoges (à 60 minutes chacune).

Le label « villes et villages où il fait bon vivre » à Jumilhac est classé au palmarès 2022 et confirme une dynamique démographique et immobilière avec 1207 habitants (soit+ 32 habitants en 3 ans) et une hausse de 13% du prix au m2 en 3 ans.

Un paysage propice aux activités de plein air

La vaste commune de Jumilhac est irriguée par l’Isle et son principal affluent le Périgord. La géologie composée essentiellement de roches métamorphiques offre un terrain imperméable propice à un chevelu de rivières et à la création de nombreux étangs. Le relief est ainsi composé de plateaux vallonnés et de gorges où les principales rivières entaillent cette roche très dure. Cette partie du Périgord Vert est une zone de transition vers les plateaux du Limousin.
Ces caractéristiques géographiques et géologiques ont conduit au développement d’un système prairial dominant ponctué de boisements.
Une spécialisation bovine s’est fortement développée ces dernières décennies.
Autrefois, les sols pauvres et les fortes pentes étaient couvertes par des landes souvent pâturées par des ovins. Tout au long du XXe siècle, l’agriculture a évolué en prairies et en cultures fourragères sur les terrains propices à la mécanisation.
Ces paysages sont appréciés par les randonneurs, pour ses perspectives visuelles lointaines, pour la fraîcheur des boisements et la présence de l’eau à la fois calme et mouvementée.

Le Bandiat

Vision du jumilhacois :
- la commune accueille beaucoup de randonneurs toute l’année. L’association Jumirando est très active.
- il y a de nombreuses activités sur la commune en été : la visite du château bien sûr, mais aussi les ateliers d’orpaillage et toutes les activités de plein air : randonnées, baignade, équitation, escalade ...
- à l’échelle de l’intercommunalité, Jumilhac est la 2e commune qui attire le plus de touristes, juste après Saint-Jean-de-Côle.

Une fermeture des paysages

Ces dernières décennies, les fortes pentes abandonnées par les pâtures, se sont boisées. Pays du châtaignier, les boisements se sont étendus sous forme de taillis pour remplacer les landes.
Depuis la déprise agricole, les paysages tendent donc à se refermer camouflant ainsi les affleurements rocheux caractéristiques des gorges de l’Isle. La plantation de conifères assombrit également ces forêts. Les routes en lignes de crêtes offrent des vues spectaculaires qui tendent également à se refermer par l’enfrichement mais aussi par l’urbanisation le long des voies.

Fermeture du paysage vue sur le château

Vision du jumilhacois : c’est son relief et la roche mais aussi son réseau hydrique et ses forges.

Un bourg constitutif du paysage

Le bourg, avec sa forme urbaine si particulière et son implantation en ligne de crête, marquent le grand paysage. Il est un point de repère dans la topographie accidentée de la commune. Sa silhouette avec son château, comme mis en scène, en surplomb du Ruchalait et de l’Isle constitue l’identité historique et touristique du bourg.
Si certains points de vue ont perduré, entretenus et conservés par l’exploitation agricole des terres, d’autres ont complètement disparu, refermés par la végétation.
La vue aérienne du bourg témoigne d’une composition urbaine qui, à partir du château en belvédère sur un éperon rocheux, développe des axes qui épousent les limites du plateau et guident l’installation du bâti. A partir de cette forme trapézoïdale remarquable et historique, s’agrège ces dernières décennies un tissu pavillonnaire le long de la route en ligne de crête. Malgré ces grands axes, la relation au grand paysage est très peu mise en scène.

Vues obliques du bourg, 1950 et actuelle

Vision du jumilhacois :
- Ces grands axes sont également propices pour favoriser des déplacements doux et aménager des vues sur le paysage.
- Révéler le paysage caractéristique des gorges depuis les axes historiques du bourg
- La place du château accueille toute l’année des rassemblements variés. Les deux vide-greniers estivaux sont un vrai succès, ils comptent plus de 150 exposants et attirent les foules !

Une architecture rurale identitaire

Le cœur du bourg comprend de beaux exemples d’architecture rurale : maisons, maisons mitoyennes à étage, bâtis agricoles types granges, petites annexes... Incontournables, le château et l’église constituent un patrimoine d’exception au cœur même de la composition urbaine du bourg. L’ardoise, autre matériau fort du territoire y est utilisée.

Une architecture variée, diversité des matériaux

Au cœur du bourg, un large panel d’habitats est représentatif de l’évolution de la construction du XXe siècle. Malgré l’hétérogénéité des typologies construites, une cohérence certaine se dégage, favorisée par des façades aux modénatures soignées. Les constructions du début XXe ont des encadrements très présents, accompagnés d’enduits pleins. La terre cuite est également valorisée au travers des génoises, encadrements ou gardes corps. Les pavillons néo périgourdins de la seconde moitié du XXe abandonnent certains codes traditionnels (encadrements, génoises) mais reprennent les principaux avec application (enduits, modénatures pierre, toiture à forte pente).

L’étude stratégiques du bourg de Jumilhac s’est poursuivie après une présentation aux élus du diagnostic alimenté par cette balade participative. Par la suite, l’objectif des différents scénarios d’aménagement a été de trouver des perspectives cohérentes du développement futur du bourg
La présente étude s’inscrit dans le cadre de l’obtention du label « Petites Cités de Caractère » recherché par la commune. :
- Développer un tourisme culturel et patrimonial
- La cité comme objet patrimonial et écosystème urbain
- Développer de nouveaux modèles économiques
- Démarche inclusive, participation de tous les acteurs socioéconomiques